Il y a quelques jour, j'ai acheté le dernier album d'Abd Al Malik, Dante. cela m'a redonné envie d'écouter l'album Gibraltar, petite merveille que j'ai eu le bonheur de voir jouer en concert.
aujourd'hui, dans une fin de matinée qui n'en finissait plus de s'étirer, j'ai écouté l'album Dante et j'ai pleuré à Raconte moi Madagh... il y a des mots qui sont dits et chantés dans ce morceau, il y a des mots qui sont en moi et que je ne dis jamais, que je m'oblige à ne pas penser...
Dante, c'est un très beau disque, profond, sincère, engagé oui, humain, philosophe, aimant. et plus encore... la foi, en l'humain malgré tout, en Dieu, en la richesse et le salut de la pensée, est très présente dans tous les morceaux de Dante. elle n'empêche pas la lucidité, les constats crus (sans rester froids), le regard clair (non plus juste critique). c'est un opus de maturité, de ce début de maturité que je pense traverser aussi, ce moment où l'expérience commence à devenir une vraie valeur, où l'on peut apprécier d'avoir grandi, où l'on sait que l'on ne sait rien, que peu de choses restent sous notre contrôle.
c'est aussi ce moment où, pour certains, la parole et la pensée se sont affermies, enflammées, embellies, où l'appétit d'accumulations extérieures a laissé la place à une décantation lente et régulière, où chaque jour des éléments tombent, prennent leur place, se confirment jusqu'à faire partie du paysage, ou bien se font oublier pour laisser la place à autre chose. c'est ce moment béni où l'on accepte d'être libre, de son passé, de son futur, de soi-même...
dans Gibraltar, il y a l'élan vers l'age adulte, l'énergie du départ, la beauté du recommencement. dans Dante, il y a la grâce et l'amertume de ce qui a été compris, appris, et souffert.
Découvrez Abd al Malik!
Bouh tu me fais bien flipper. Le premier album de ce monsieur m'avais énormément surpris. C'est au détour d'un morceau entendu sur la radio Nova, que je m'étais décidé à me procurer son album (CD),je me souviens encore de nos têtes et de nos mines bouleversées au bureau à la fin de la première écoute.
Depuis quelques jours, je croise le monsieur sur les affiches du métro, il semble me dire "pssst je suis de retour !". Ton billet me conforte dans l'idée que je dois moi aussi écouter ce deuxième opus.
Rédigé par: Christian | 23 janvier 2009 à 10:38