Ce film est une merveille, là dessus, je ne vais pas être très originale. j'ai entendu ici et là des critiques sur l'aspect complexe de ce film. certes, ce film est dense, complexe, parfois même énigmatique, mais c'est ce qui fait tout son charme, et aucune question ne reste sans réponse, dans le temps du film. donc, à moins d'avoir eu simplement envie d'une version noire de Spiderman et de ne pas pouvoir se concentrer cinq minutes sur un film, pas d'excuse.
c'est un film tortueux, torturé, qui parle justement d'un monde (et d'humains) tortueux et torturé par ses propres démons. ici, le "mal" ne vient pas réellement de l'exterieur, il est décrit comme potentiellement à l'intérieur de chacun. Batman est humain, qu'on se le dise, et cet "épisode" de son épopée correspond au deuxième basculement de son existence (le premier étant le meurtre de ses parents) vers cette conscience-là et son combat contre ses propres démons.
le personnage du Joker est à la fois le psychopathe ultime et une représentation absolument passionnante de plusieurs "couches" narratives du film : bien entendu, il est le "méchant", et à ce titre, il devrait être l'anti-Batman, mais, comme il l'explique très bien dans le film, ils sont plus semblables qu' antagonistes, ils sont tous les deux des "freaks" que la société stigmatise. il poussera Batman à frôler toujours plus la limite de ses principes. c'est ici que se situe le vrai combat; le joker est aussi la figure du chaos et de la puissante énergie qui émane du chaos. ce film est très peu moralisateur, au final, c'est ce qui fait sa force et lui confère une dimension inattendue; le joker est surtout une figure très précise du terroriste. à travers lui, le film distille une critique de la société de la peur dans laquelle nous sommes tous ensevelis. il analyse très finement le processus même du terrorisme comme pratique, comme représentation et comme idéologie.
enfin, en bonne sémiotruc, je me suis vivement intéressée à une autre figure : celle du bâtiment en flammes qui s'effondre. à deux reprises, on voit des images de bâtiments en flammes, des décombres, et des pompiers. une vue en plongée de l'hôpital effondré rappelle clairement les images du 11 septembre. je me suis demandée à ce moment-là si cette figure n'était pas devenue le symbole emblématique de la catastrophe pour la culture américaine (globale?), comme le tsunami l'a été pour le Japon ancien (dans les estampes).
Je suis d'accord avec toi, The Dark Knight est un blockbuster qui pense. As-tu aussi remarqué le nombre de films récents qui montrent une ville (NY en général) vidée de ses habitants : Wall-E, Je suis une légende, etc... Une autre figure de style assez passionnante. LCDS
Rédigé par: Leclubdustyle | 03 septembre 2008 à 13:28
yeah!!! le Club is de retour!! ça va? je t'appelle... très bonne piste de réflexion, cette disparition des humains. voilà qui va complètement dans le sens de mon pessimisme...
welcome back, dear.
Rédigé par: mekameta | 03 septembre 2008 à 15:22
et heroes saison 2 : peter petrelli téléporté dans le futur new york, là encore vidé de ses habitants, car 93 % de la population mondiale a été exterminée par un virus...
Rédigé par: tagmein | 23 septembre 2008 à 16:22