Les 3 C pour "Corps/ Création/ Communication" : l'exploration des imaginaires corporels dans la création et la communication, ou comment les marques de tous secteurs se nourissent d'imaginaires corporels identifiés et identifiables.
C'est un support de débat et d'analyse axé sur le corps comme médium et langage dans les images contemporaines et sur l'usage qu'en font les marques pour communiquer (et comment les valeurs de marque et l'imaginaire corporel sont profondément liés). Ce n'est pas un cours magistral mais un atelier/séminaire et il faut compter approximativement deux à trois heures pour chaque imaginaire, une grande place étant laissée à la prise de parole des participants.
Les imaginaires corporels exposés dans les 3C et que j'utilise dans mes interventions à l'IFM ou à LISAA sont à détailler comme suit :
- construction - déconstruction - reconstruction - surconstruction
- microcosme / macrocosme
- morceaux - blasons
- ornement et souffrance
- absence - disparition
dans chacun de ces grands imaginaires corporels, des sous-parties et des concepts-clés sont associés :
- structure, anatomie, grille, articulation, mesure; brisure, pliure, morbidité, maladie, morbidité; extase ambigue; extensions, contrainte, construction, prothèse; excès, développement, quête de perfection, performance, presque-dieu, perfection; mutation, modifications; machinique, mouvement, robot, immortalité
- multiple/uniques; individu, foule, identité, société; norme, stéréotypes, tribus, règles, appartenance
- en petits morceaux, fétichisme (cadrages, objectivation), ode à l'oeil, l'eau à la bouche, mains, pieds et chaussures, peau
- narrativité, signes, symboles, moi/nous, codes; belle souffrance, extase, extrême, questionnement
- intime, secret, absent mais présent, nature, cosmos
En tout, un ensemble raisonné de 200 images issues de contextes, de temps et de secteurs très différents : arts plastiques anciens et contemporains, publicités récentes (mode, cosmétiques, luxe, automobile, alimentaire...), architecture, presse, ouvrages théoriques et critiques...
Il est important de préciser que ces 5 imaginaires corporels se croisent les uns aux autres, cette classification proposant plus une ligne de lecture qu'un cadre théorique figé. Ils se répondent les uns aux autres, en écho ou en antagonisme, les uns ne pouvant exister sans leurs opposés.
L'imaginaire 1 de la construction (déconstruction, reconstrcution...) compte un grand nombre d'images, et figure en premier dans la présentation, car il est le plus facile à décoder, mais surtout car il est souvent présent dans notre monde d'images. Cette première partie, riche en sous-parties, permet à l'audi-spectateur de se familiariser avec ce mode de présentation et de lecture du sens (accumulation d'images diverses, ruptures temporelles, associtiations d'idées...) mais surtout avec cette façon de lire le corps.
L'imaginaire 2, microcosme/macrocosme, aborde la question de la place de l'individu dans un ensemble d'individus, dans un groupe social, avec ses normes, ses standards corporels. C'est une exploration de la façon dont le groupe exprime son sens de l'appartenance, ses propres stéréotypes, se questionne.
L'imaginaire 3, explore un corps en morceaux, découpé, zoomé, recadré sur toutes ses facettes, dans les moindres détails, créant une esthétique fétichsite d'objectivation du corps. Un morceau isolé n'oblige pas à l'altérité mais, en échange de son objectivation, peut faire l'objet d'un véritable culte.
Le 4 résout une véritable ambiguité : l'union de l'ornement et de la souffrance, deux concepts moralement opposés. Il suffit de lever ce cadre moral pour voir tout ornement comme une souffrance, et toute souffrance comme ornement, et aborder plus justement la question d'un corps narratif. C'est un corps bavard que l'on voit là, il parle parfois de lui-même, souvent de l'humain au sens plus large et lus habité.
L'imaginaire 5, le plus abstrait, montre un corps absent. Depuis un corps caché dans sa retraite intime, dans son secret, jusqu'à des lieux vidés de la présence des corps, mais marqués d'empreintes. En guise de conclusion, cette absence décolle vers un cosmos originel...
J'ai proposé les 3C sous forme de séminaire de formation continue (mode, luxe, cosmétiques, pour des cadres du marketing, de la communication), à l'IFM, mais toujours pas de réponse. J'espère avoir un jour l'opportunité de l'utiliser dans un cadre d'études ou de conseil en entreprise, afin de pouvoir tester de son efficacité face à un autre public que celui des créatifs...
Enseignement supérieur:l'IFM... Comment?
Leila
Rédigé par: Leila | 10 mai 2006 à 17:29